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1837

Le 12 février 1837, Berna, médecin nouvellement diplômé, reprend le flambeau porté glorieusement par Foissac sept ans plus tôt. Il demande à l'Académie des sciences de vérifier le don de vision sans le secours des yeux dont sont capables ses somnambules. La réponse sera prompte.

Du Potet est consterné. La porte des hôpitaux, où il réalisait un travail remarquable, se ferme devant lui. Il part pour Londres où il donne une série de conférences. John Elliotson, président de la Royal Medical and Chirurgical Society de Londres, y assiste. Il est rapidement convaincu de l'importance du magnétisme et décide de l'introduire comme technique thérapeutique dans son hôpital. La Royal Medical Academy interdit alors la pratique du magnétisme dans les hôpitaux. Elliotson passe outre et est obligé de démissionner. Il crée un hôpital mesmerien dans lequel il traite les patients par magnétisme. Il va éditer une revue, dans laquelle il divulgue sa technique. Nous allons bientôt voir que la lecture de cette revue va transformer la vie d'un jeune chirurgien, à Calcutta, le docteur James Esdaille. Mais avant de nous rendre aux Indes, dirigeons nos regards vers l'Écosse. Un événement capital pour la suite de notre histoire est en train de s'y dérouler.

Le 17 juillet 1837, l'Académie, après avoir constaté l'incapacité des sujets à lire un livre enfermé dans une boîte, conclut sous la plume de son rapporteur Dubois: «Le magnétisme et le somnambulisme ne reposent sur aucune réalité. » L'Académie de médecine et 'Académie des sciences s'interdisent désormais d'examiner toute proposition en relation avec ces faux phénomènes. La pratique de ces méthodes est interdite dans tous les lieux de soins. Le rapport Dubois condamne ainsi sans appel le magnétisme, en balayant le rapport Husson qui lui était, pourtant, en grande partie favorable.aux et autres lieux de soins officiels.

Le 12 février 1837, Berna, médecin nouvellement diplômé, reprend le flambeau porté glorieusement par Foissac sept ans plus tôt. Il demande à l'Académie des sciences de vérifier le don de vision sans le secours des yeux dont sont capables ses somnambules. La réponse sera prompte.

Le 17 juillet 1837, l'Académie, après avoir constaté l'incapacité des sujets à lire un livre enfermé dans une boîte, conclut sous la plume de son rapporteur Dubois: «Le magnétisme et le somnambulisme ne reposent sur aucune réalité. » L'Académie de médecine et 'Académie des sciences s'interdisent désormais d'examiner toute proposition en relation avec ces faux phénomènes. La pratique de ces méthodes est interdite dans tous les lieux de soins. Le rapport Dubois condamne ainsi sans appel le magnétisme, en balayant le rapport Husson qui lui était, pourtant, en grande partie favorable.

1841

Parmi les personnes venues à Buzancy, se trouvait un dénommé Lafontaine. Vingt ans après, ce personnage a fait son chemin, il est devenu un magnétiseur renommé. Il effectue des tournées dans les grandes villes d'Europe. Après avoir donné une représentation à Rome, à laquelle assistait le pape, il se rend en Angleterre où il commence à asseoir sa réputation en hypnotisant le lion du zoo de Londres. Il arrive ainsi en Écosse, à Édimbourg, précédé d'une extraordinaire réputation. Un pharmacien de la ville, James Braid, décide d'assister à la première représentation pour déjouer la supercherie. Il est intéressé par le travail de Lafontaine et surpris de voir qu'un sujet ne peut pas ouvrir les yeux malgré ses efforts. Ce n'est qu'à la troisième représentation qu'il comprend le mécanisme du phénomène. Pour lui, le magnétisme et les passes ne sont pas responsables du déclenchement de la crise somnambulique. Tout est provoqué par la fixation de l' attention du sujet sur un objet. Petite parenthèse, rappelez-vous la fable Le Renard et les Poulets dInde: Lafontaine rejoint La Fontaine! Braid considère que les sujets, comme les dindons, n'ont pas été endormis, mais se sont endormis dans une sorte de sommeil nerveux. Il écrit alors: «La fixité soutenue du regard, en paralysant les centres nerveux des yeux et leurs dépendances, et en détruisant l'équilibre du système nerveux, produit le phénomène. »

1843

Braid expérimente sa découverte sur son entourage puis sur de nombreux sujets. il leur demande de fixer leur attention sur un objet brillant, placé à quelques centimètres de leurs yeux et leur décrit à l'avance les sensations qu'ils vont éprouver. Au bout de quelques minutes les sujets tombent dans cet état de sommeil profond. Notre apothicaire essaie en vain de faire publier sa découverte dans un journal médical; tous refusent. Il se résout à publier un ouvrage dans lequel il décrit sa méthode, différente du magnétisme. Puisqu' elle est différente, il faut lui trouver un autre nom. Braid, comme tous les scientifiques de son époque, a fait ses études et il connaît parfaitement le grec et la mythologie grecque. Il utilise la langue d'Homère pour définir ce sommeil nerveux qu'il nomme hypnotisme.

1846

Ce fils de pasteur, fraîchement diplômé de la facutlé de médecine d'Édimbourg, vient d'être engagé comme chirurgien par la East India Company. A cette époque, il est confronté comme tous ses collègues, au problème de la souffrance des opérés. La Compagnie a mis à son service quatre gaillards vigoureux qui sont chargés de maintenir les patients immobiles le temps des interventions. Le protoxyde d'azote, l' éther et le chloroforme ne sont pas encore employés. Esdaille découvre dans Zoit un article qui décrit une technique anesthésiante; il suffirait de faire certains gestes autour du patient, des passes selon l'auteur de l'article. Notre jeune praticien n'a jamais entendu parler d' hypnose et n'a jamais assisté à une quelconque séance de magnétisme. Le jour même il essaie la technique des passes sur un futur opéré; au bout d'une heure d'effort il obtient un état de transe et vérifie que son patient ne ressent plus la douleur; le lendemain il induit la transe chez ce patient et l'opère d'un volumineux abcès à l'anus. Le patient ne ressent aucune douleur. Esdaille vient de pratiquer la première d'une série d'opérations effectuées sous hypnose; il en réalisera, en six années, plus de trois cents, scientifiquement homologuées, allant de l' excision d'abcès à l'ablation de tumeurs et aux amputations de membres.

Cet événement, apparemment anodin, va avoir deux conséquences. La première, liée au contexte mythologique, a encore des répercussions sur notre pratique, comme l'explique C. Hull dans son ouvrage, Hypnosis and Suggestibility: Hypnos, le sommeil, est le fils de la Nuit et le père de Morphée, les rêves. Il vit, en compagnie de son frère Thanatos, la mort, dans le Monde souterrain. Hypnos, bienveillant et compatissant, console et soulage les âmes des défunts. Thanatos, malveillant, n'accorde aucun repos à ces âmes et les brutalise. Dans l' inconscient collectif, l'image bienveillante d'Hypnos sera toujours ternie par l'inquiétante présence de son frère Thanatos. Dans la réalité, ne retrouvons-nous pas une part de cette inquiétude chez nos patients mal informés, lorsque nous leur parlons d'hypnose?

La deuxième conséquence a un retentissement immédiat: le magnétisme, éjecté des hôpitaux par la fenêtre à la suite du rapport Dubois, y réapparaît, par la grande porte, sous le nom d'hypnotisme. Le livre publié par Braid, Hypnoneurology, va déclencher une série de bouleversements. Avant de les étudier, retournons à Calcutta, où Esdaille est en train de lire ZoW, la revue d Elliotson.

1851

Retour d'Esdaille en Angleterre. Il publie un traité qui, pense-t-il, doit révolutionner l'approche anesthésique de la chirurgie. Hélas, le protoxyde d'azote est employé depuis deux ans avec succès, ainsi que l'éther et le chloroforme. Malgré ses efforts pour défendre sa technique éprouvée, il n'est pas écouté par ses pairs et lorsqu'il meurt en 1859, aucun chirurgien anglais n'aura adopté sa méthode. Mais en France, pendant ce temps...

1855

Quatre siècles après que Jeanne d'Arc eut bouté les Anglais hors de France, l'Aquitaine garde encore des liens affectifs avec la perfide Albion. A Bordeaux, le docteur Bazin se voit envoyer les grands articles médicaux publiés dans la langue de Shakespeare. Il vient de découvrir l'article "Sleep", de l'Encyclopédie médicale dans lequel Todd et Carpenter décrivent les découvertes de Braid et d'Esdaille.

1858

Le docteur Azam, de Bordeaux, note chez une de ses patiente des phénomènes surprenants: elle présente spontanément des épisodes d'anesthésie et de catalepsie. Il décide de montrer cette hystérique à son confrère Bazin. Cc dernier se souvient avoir lu la description de symptômes identiques dans l'article "Sleep" et l'indique à Azam. Ce dernier se procure l'encyclopédie anglaise et le traité de Braid. La lecture de ces deux ouvrages révolutionne sa vie. Converti au braidisme, Il monte à Paris pour enseigner ~sa méthode à son ami, le célèbre Broca.

1859

Broca hypnotise un malade que Velpeau opère d'un abcès à l'anus. L'intervention est une réussite et Velpeau fait une communication à l'Académie des sciences.

1860

Pont-Saint-Vincent, petit village campagnard à quatre heures de Nancy. Le médecin qui officie dans cette région de France profonde se nomme Ambroise Liébeault. Il est en train de lire dans le dernier numéro de la Gazette des hôpitaux la communication de Velpeau Médecin depuis une dizaine d'années, Liébeault se souvient que dans sa jeunesse il a lu le livre de Deleuze et pratiqué les passes sur quelques sujets avant de revenir à une pratique plus classique de l'art médical. La lecture de la Gazette réveille son intérêt pour ce magnétisme qui s'est depuis transformé en hypnose.

1866

Liébeault est convaincu de l'efficacité de l'hypnose qu'iI pratique tous les jours sur des dizaines de patients, Il publie un livre, Du sommeil et des états analogues, dans lequel Il fait part de son expérience. Le succès de l'ouvrage est limité: il n'en vend qu'un seul exemplaire. Mais, pendant qu'en Lorraine Liébeault s'acharne à développer sa méthode, du côté de Paris un hypnotiseur de théâtre remporte de grands succès...

1875

Donato, émule de Faria et de Lafontaine, donne tout les soirs une représentation au théâtre, Un jeune interne en médecine assiste à toutes les représentations; il est fasciné par le travail de l'artiste et il en parle le lendemain à son patron avec une telle chaleur que ce dernier décide de l'accompagner au spectacle le soir même. Imaginez, assis côte à côte dans ce petit théâtre parisien, le patron Charcot et son interne Richet, assistant a une séance d'hypnose de music-hall. Charcot est alors au faîte de sa carrière. Âgé de 53 ans, il dirige le service de neurologie de la Salpêtrière. Il est professeur agrégé et membre de l'Académie. Il comprend immédiatement  l'intérêt de cette technique et décide d'étudier le phénomène dans son service hospitalier. L'école de la Salpêtrière vient de naître. Elle ne va pas tarder à s opposer a une autre école qui naît, elle, du côté de Nancy...

1882

... où vit une brave dame qui souffre depuis des années d'une sciatalgie que personne n'a pu soulager. Le professeur Bernheim lui-même a été tenu en échec par cette douleur rebelle. Elle a entendu parler d'un médecin qui exerce dans la campagne avoisinante et qui, paraît-il, fait des miracles. La réputation de Liébeault a franchi les limites de son canton et il commence à être connu dans la capitale de la lorraine. Ayant entendu vanter les mérites de Liébeault, elle effectue le pèlerinage à Pont-Saint-Vincent. En une séance, elle est guérie. Bernheim apprend la nouvelle. Furieux il décide de se rendre aussi chez Liébeault pour démasquer celui qu'il prend pour un charlatan. Il assiste aux consultations pendant deux jours et il est rapidement convaincu de la valeur de cette méthode thérapeutique.

1882

Bernheim demande à Liébeault de le suivre à Nancy. Ce dernier accepte et ils créent ensemble l'École de Nancy, qui formera de célèbres hypnothérapeutes. Dans la ville des ducs de Lorraine, Liébeault va exercer dans une sorte de hangar, situé dans les faubourgs. Il se livre là à un véritable apostolat auprès de la population défavorisée. "En 1889, je vis le vieux et touchant Liébeault à l'oeuvre auprès des femmes et des enfants de la population prolétaire de Nancy", nous dit Freud dans ses mémoires. Il nous décrit la technique d'induction très particulière de ce nouvel apôtre: "Le malade étant assis, il lui pose la main sur le front et, sans même le regarder, lui dit: Vous allez dormir. " Puis il lui ferme les yeux en lui assurant qu'il dort, Il lui lève un bras et lui dit: " Vous ne pouvez plus baisser le bras. " S'il le baisse, M. Liébeault n'a pas l'air de le remarquer. Il lui fait ensuite tourner les avant-bras en lui assurant que le mouvement ne pourra pas être arrêté; ce disant, il tourne lui-même ses bras avec une grande vivacité, et il parle, il parle sans cesse, d'une voix forte et vibrante. Liébeault consacra les quarante dernières années de sa vie à traiter ainsi des milliers de patients. Certains jours il pratiquait plus de cent inductions de ce type.

1884

Bernheim concrétise le travail de l'École de Nancy en publiant un important ouvrage: De la suggestion dans l'état hypnotique et dans l'état de veille. Il développe la théorie que ses tenants appelleront animiste, qui démontre l'importance de la suggestion dans le déclenchement du phénomène hypnotique. L’École de Nancy utilise l'hypnose comme traitement de troubles rencontrés classiquement dans la vie de tous les jours.

1885

Freud se rend à Paris pour étudier l'hypnose auprès de Charcot. Joseph Delboeuf, philosophe belge, se rend aussi à la Salpêtrière pour étudier l'hypnotisme. Il veut vérifier, dans le laboratoire même de Charcot, la réalité de l'action des aimants dans le transfert des sensations d'un membre à l'autre et l'amnésie postcritique des somnambules qui contredisent ses propres théories sur le sujet. Sa visite à Paris renforce ses idées. Émile Coué, pharmacien à Troyes, vient s'initier à l'hypnose auprès de Liébeault.

1886

Delboeuf se rend à Nancy. Il devient un partisan convaincu des idées de Bernheim et Liébeault.

1887

Binet et Féré, deux des plus célèbres élèves de Charcot, publient le Magnétisme animal. Ils développent la thèse de l'École de la Salpêtrière, théorie fluidiste qui, dans la genèse duphénomène hypnotique, tend à nier l'influence de la pensée pour privilégier l'action d'un fluide, de certains métaux, des aimants, ou des organismes entre eux. Les deux neurologues critiquent sévèrement Bernheim en lui reprochant le côté non scientifique de sa démarche. L'école de Charcot utilise l'hypnose sur des sujets sélectionnés, la plupart du temps des jeunes femmes sur lesquelles a été collée l'étiquette d'"hystériques". Chaque mardi, Charcot donne son cours d'hypnose clinique, auquel assiste le Tout-Paris. Il ne pratique pas lui même les inductions, réservant ce travail à ses internes. Binet nous décrit sa technique dans son ouvrage: "Toutes les excitations qui déterminent la fatigue sont susceptibles de déterminer l'hypnose chez des sujets appropriés. Les excitations sensorielles produisent l'hypnose de deux manières: lorsqu'elles sont fortes et brusques, lorsqu'elles sont faibles et prolongées." Ces constatations les avaient amenés à utiliser tout un arsenal de stimulations sensorielles variées: roulements de tambours sonneries de trompettes, vibrations de diapasons, chatouilles: effleurements de la peau avec des plumes d'oiseaux, légères décharges électriques, etc. Nous savons aujourd'hui que la plupart des hystériques de la Salpêtrière étaient en fait d'excellentes comédiennes qui avaient fort bien compris ce qu'on attendait d'elles, et tiraient des avantages de leur statut de sujet d'expériences. Ceci ne les empêchait pas de vivre de véritables transes.

1887

Parution du premier numéro de la Revue de l'hypnotisme expérimental et thérapeutique. Cette revue, dont le rédacteur est le Dr Berillon, va se faire l'écho de la querelle des deux écoles.

1888

Léon Daudet publie Les Morticoles, roman dans lequel il se moque des deux chefs rivaux, Charcot et Bernheim. Le premier pratique à la Salpétrière le grand hypnotisme et le second à Nancy le petit hypnotisme. C'est ainsi que l'on nomme ces deux approches différentes de la pratique hypnotique de cette époque.

1889

Freud vient à Nancy pour perfectionner sa technique hypnotique auprès de Liébeault et Bernheim. Il devient leur ami, se range derrière leur conception en ce qui concerne l'importance de la suggestion et traduit le livre de Bernheim en allemand. Cette année est celle du premier Congrès international d'hypnose. 11 se tient à Paris et toutes les sommités du monde de l'hypnose et de la psychologie naissante y assistent. Freud en fait partie, mais il n'intervient pas. Ce congrès voit le triomphe de l'École de Nancy sur celle de Paris.

1890

L’École de la Salpêtrière commence à se rapprocher des idées de Nancy. Babinski reconnaît l'importance de la suggestion. Chef de clinique de Charcot, il reconnaît ses erreurs et donne le nom de pithiatisme (guérissable par la suggestion) aux phénomènes particuliers obselvés sur les hystériques de la Salpêtrière. Il sait de quoi il parle, puisqu'il était le metteur en scène des spectacles du mardi dans le service de Charcot. Déjerine confirme l'opinion de son collègue en écrivant dans la Gazette de médecine et de chirurgie: .. A l'étranger les idées de Liébeault et de Bernheim ont été adoptées par la majorité des médecins qui s'occupent d'hypnotisme, et l'hypnotisme n'est pas une névrose spéciale comme nous l'avions pensé à une époque."

1892

Au Congrès de psychologie expérimentale de Londres, Bernheim prononce une phrase lourde de conséquences: « Il n'y a pas d'hypnotisme, il n'y a que de la suggestion. » Liébeault n'admet pas ce point de vue trop tranché. Une première fêlure apparaît dans l'édifice nancéien.

1893

Mort de Charcot. L’École de la Salpêtrière ne va pas survivre à la disparition du Maître. Les élèves, brillants neurologues comme Babinski, Gilles de La Tourette, Binet, Féré, ou philosophes comme Pierre Janet, vont délaisser l'hypnotisme pour se consacrer à leur spécialité.

1894

Le docteur Schmeltz, chirurgien, hypnotise puis opère une patiente sur laquelle il procède à l'ablation d'un sein. Le compte-rendu est publié dans la Revue d'hypnotisme expérimental: "Pendant l'intervention, la patiente se tournait et se retournait elle-même pour se mettre dans les positions les plus favorables, tenant son bras droit étendu, sans qu'une aide fût nécessaire pour le maintenir fixé."

1895

Liébeault se sépare de Bernheim. La plupart des élèves le suivent; c'est la fin de l'École de Nancy.

1897

Dans l'éditorial du numéro annuel de la Revue d'hypnotisme, Berillon fait l'éloge de Liébeault, qu'il reconnaît comme le créateur d'une méthode thérapeutique nouvelle: la psychothérapie. Freud lui-même reconnaîtra l'apport du médecin de Pont-Saint-Vincent dans la genèse de sa théorie.

1900

Deuxième Congrès international de l'hypnotisme expérimental. On y consacre définitivement les idées de Bernheim, sans le citer. Ce dernier décide de ne plus publier dans la Revue d'hypnotisme. Le contenu de cette revue spécialisée s'appauvrit. Les articles cliniques et théoriques sérieux se font rares, au profit de comptes-rendus de plus en plus ésotériques ou parapsychologiques.

1910

Bernheim prend sa retraite. Liébeault est mort depuis six ans. La querelle des deux écoles est éteinte, faute de combattants. La Revue d'hypnotisme est transformée en Revue de psychologie expérimentale. Émile Coué développe sa théorie basée sur une utilisation intensive des suggestions positives. Ses idées, tournées en dérision en France, connaissent un grand succès Outre-Atlantique où elles servent de base à de nombreuses écoles psychologiques. L'hypnose est délaissée, remplacée par la psychanalyse. En l'abandonnant pour développer sa propre technique analytique, Freud semble lui avoir porté le coup de grâce. Et pourtant...

Il existe aux États-Unis une tradition hypnotique qui remonte à l'époque de Benjamin Franklin. Les écrits de Braid ont enrichi cette école de Nouvelle-Angleterre qui a publié elle même de nombreux écrits. Milton H. Erickson, jeune médecin américain, en a lu certains. Psychiatre de formation, il a étudié le livre de Bernheim et s'intéresse depuis toujours aux médecines traditionnelles indiennes, au chamanisme. Il débute dans la pratique de l'hypnose traditionnelle et relance le mouvement d'hypnose médicale en Amérique du Nord. Pendant ce temps en Europe...

1930-1950

... l'hypnose ne fait plus école. Elle est ignorée par l'ensemble du corps médical et n'intéresse qu'un public restreint et marginal. De fortes personnalités utilisent pourtant ses principes de base pour construire et développer des méthodes médicales ayant pour but d'améliorer la santé psychique et physique de monsieur tout-le-monde. Nous citerons en particulier Vittaz, Schultz, les Gelstalthérapeutes, Coué.

1949

Léon Chertok, interne en psychiatrie à l'hôpital Paul Brousse de Villejuif, traite et guérit d'une amnésie sa patiente Madeleine. Cet événement marque le début d'un véritable combat que devra mener le DrChertok, pendant plus de quarante ans, pour faire reconnaître J'intérêt de l'hypnose auprès du corps médical. Il a accompli un travail considérable dont nous lui sommes redevables.

1950

Création de l'Association Américaine d'Hypnose Médicale. Son président est le docteur Milton H. Erickson. Celui-ci développe une nouvelle approche hypnotique dont vous venez d'étudier les principes dans ce manuel.

1980

Le 27 mars de cette année, à Phoenix dans l'Arizona, meurt Milton H. Erickson. Il a consacré les dernières années de sa vie à la diffusion de ses idées et à la formation de thérapeutes qui ont développé sa technique dans de nombreux pays. Le Dr. Jean Godin a eu la lourde tâche et l'immense privilège de faire connaître les idées d'Erickson en France. Il a formé de nombreux élèves, au nombre desquels nous sommes honorés de figurer.

1990

Sous l'impulsion d'Araoz, Rossi et Godin, apparaît le concept de Nouvelle Hypnose.

2000 et suivantes...

Vous venez d'entrer dans la grande famille de l'hypnothérapie. À vous de faire progresser, par votre travail et vos recherches, ce concept de Nouvelle Hypnose et d'écrire un nouveau chapitre dans le grand livre de l'histoire de la transe...

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